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Benjamin HERODET

Profession : Chargé de mission à la Fédération pour la Pêche et le Protection des Milieux Aquatiques de l'Ain
Qualité du témoin : Participe au suivi scientiifique du projet de détournement

Quel fut le rôle de la Fédération de Pêche dans le chantier de la Veyle ?

 Nous avons apporté un appui scientifique au projet en réalisant un état des lieux piscicole de la rivière en amont et en aval de la gravière. Pour cela, nous avons choisi d’effectuer deux pêches électriques qui représentent le moyen le plus efficace pour obtenir des informations exhaustives. Cette technique a l’avantage de permettre des échantillonnages précis, sans danger pour la vie des espèces prélevées.

 

Les résultats de cette pêche étaient-ils satisfaisants ?

 Ces pêches électriques nous ont permis de relever la présence de 17 espèces de poissons en amont de la gravière et de 11 en aval, pour un total de 19 espèces différentes. On peut y ajouter la présence de l’écrevisse américaine.

On remarque aussi des différences très importantes de densité de poissons entre l’amont (792 kg/hectare) et l’aval (392 kg/hectare).

En revanche, on ne constate pas de différences notables quant aux espèces dominantes, tels que le gardon ou le chevaine, qui sont des poissons peu exigeants et peu fragiles tant pour la qualité de l’eau que pour la qualité de l’habitat. Les espèces exigeantes, au contraire, comme la truite, le brochet ou la lamproie, sont complètement absentes de la Veyle sur ce secteur.  

 

Que nous révèlent ces résultats ?

 Ils nous renseignent sur l’état de la rivière qui apparaît fortement perturbée, tant au niveau de la qualité de l’eau que de la qualité de l’habitat. Mais la gravière n’est sans doute qu’un élément de perturbations parmi d’autres. Les travaux de curage et recalibrage entrepris depuis les années 50 ont également fortement endommagé l’habitat par exemple.

 

Que peut-on espérer des travaux réalisés ?

Le nouveau tracé de la Veyle va amener un habitat plus diversifié grâce aux méandres, aux berges douces, aux souches placées dans le lit de la rivière. Sur le plus long terme, le fait de redonner à la rivière sa morphologie naturelle (largeur du lit réduite en particulier) est garant d’une rivière qui « bouge »  et qui crée en permanence des habitats de qualité.

En revanche, à court terme, le résultat devrait être moins probant sur la qualité de l’eau. De fait, le détournement du lit de la gravière aura un effet positif sur la température de l’eau mais, en contrepartie, on risque de perde le bénéfice de « décantation » joué par le plan d’eau. Il faudra attendre quelques années pour que la rivière reprenne pleinement ses droits et que la vie aquatique de la rivière (microorganismes vivant dans les graviers, végétation aquatique, boisement des berges) vienne compenser ce « filtre à pollution » qu’était la gravière. De plus il faudra continuer les efforts de réduction des pollutions et de traitement des eaux usées sur le territoire en amont de la gravière.

Un indicateur fiable sera le retour de certains poissons adaptés à une eau fraîche et dynamique tels que le blageon, le vairon, le barbeau, le chabot, la loche, voire la lamproie ou le toxostome. Et l’idéal serait bien sûr de voir la truite recoloniser ce nouveau tronçon.

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Mis à jour le 07/12/2012
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